La pilule est en nous

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Le médicament a morcelé le regard sur la personne. C’est la contention chimique de l’esprit. Plus besoin de prendre sa santé en main, nous laissons notre pouvoir à la pilule magique, à cette industrie très lucrative qui ne se soucie guère de la santé véritable et à notre médecin ou à celui qui détient la connaissance de ce qui est bon pour nous.

Nous ne sommes plus un être entier, nous sommes un rein, un neurone, un cœur, une rate, un gros intestin… C’est la division. Pourtant, nous sommes tout. Et cet esprit qui nous habite détient la clef et aimerait mettre des mots sur bien des maux. Écoutez-le. Nous posons des questions à notre professionnel de la santé et nous oublions d’avoir une conversation avec nous-mêmes. Pourquoi cette maladie vit en moi? Pourquoi ai-je tel ou tel malaise ou mal-être? Quelles émotions sont présentes? Que pourrais-je changer à mes habitudes de vie pour me sentir mieux? Nous détenons bien des réponses et parfois l’ignorons.

Voilà quelques années maintenant que je regarde la société derrière mon comptoir, sous ma soutane de pharmacienne. Je suis heureuse de répondre à toutes vos interrogations concernant votre santé et vos traitements. Pourtant, il y a une connaissance que je ne détiens pas, et c’est celle de votre esprit.

«Est-ce qu’il y a une pilule pour ça, madame la pharmacienne?». Beaucoup croient que la guérison est magique. Effectivement, le recours à la pharmacopée est parfois nécessaire, même essentiel. Par contre, beaucoup de temps est perdu dans les allées de la pharmacie. Vous avalez la pilule de travers, alors qu’il n’y a qu’un endroit où regarder en premier. Cet endroit, c’est en vous. Explorez votre pharmacie intérieure, vous y trouverez j’en suis certaine, une force, une puissance de vie insoupçonnée. La pilule est en nous. Ne remettez pas tout votre pouvoir vers l’extérieur. Il n’y a pas de remèdes miracles. Prenez responsabilité pour votre santé et soyez prêt à y mettre les efforts nécessaires pour cheminer vers une guérison réelle et globale et non pas un état de bien-être apparent, ayant pour béquille la chimie elle-même. Participez à votre guérison, posez les vraies questions, prévenez la maladie ou mêlez-vous de votre traitement, ça vous regarde. Nous voulons tout, tout de suite, mais d’abord, aimons-nous assez pour investir dans notre santé. C’est un cadeau que nous faisons à nous-mêmes, à nos proches et à la terre entière.

Caroline Laflamme